DeASS en reconversion professionnelle : le métier, la VAE et les financements à vérifier avant de vous lancer
Devenir assistant de service social après une première carrière est un projet réaliste, à condition de vérifier trois points dès le départ : l’adéquation avec le quotidien du métier, l’accès au diplôme d’État d’assistant de service social et le financement du parcours. Le DEASS, diplôme de niveau 6 avec grade de licence, reste la référence pour exercer. En reconversion professionnelle, il s’obtient par la formation, parfois par l’alternance, ou par la validation des acquis de l’expérience si votre parcours s’y prête.
Avant le diplôme : savoir si le métier correspond vraiment à votre projet
L’assistant social accompagne des personnes confrontées à des difficultés familiales, financières, administratives, professionnelles ou de logement. Son rôle consiste à écouter, analyser une situation, informer sur les droits, orienter vers les bons interlocuteurs et aider à construire des solutions durables. Il peut intervenir auprès de familles, de jeunes, de personnes âgées, de salariés, de patients, de personnes en situation de précarité ou de victimes de violences conjugales.

Un métier d’écoute, mais aussi de dossiers et de médiation
La représentation du métier se limite souvent à l’aide humaine. Elle est juste, mais incomplète. Le quotidien comprend aussi la constitution de dossiers, l’évaluation sociale, le suivi administratif, la coordination avec des partenaires et la médiation avec des institutions. Plus de 30 % des personnes qui ont droit à une aide sociale ne la demandent pas, ce qui montre que l’accès aux droits fait partie du travail social, au même titre que l’écoute.
Les employeurs sont variés : collectivités territoriales, hôpitaux, établissements scolaires, CAF, associations, structures médico-sociales, entreprises ou organismes privés. Le secteur public offre de nombreux débouchés, mais l’accès à certains postes peut passer par un concours interne ou externe selon le cadre d’emploi visé.
Les qualités qui pèsent autant que le diplôme
L’empathie est nécessaire, mais elle ne suffit pas. Il faut aussi de la patience, une grande capacité d’organisation, de la rigueur, le respect du secret professionnel et une résistance au stress. Les situations rencontrées peuvent être lourdes : surendettement, conflits familiaux, rupture de droits, expulsion, protection de l’enfance, santé mentale. Une reconversion réussie suppose donc d’aimer le contact humain sans absorber toute la détresse rencontrée.
La profession reste très féminisée : 79 % des assistants sociaux sont des femmes, et 90 % des travailleurs sociaux sont des femmes. Cela ne signifie pas que le métier est réservé à un profil particulier, mais rappelle l’importance d’un regard inclusif sur les carrières sociales, ouvert aux hommes comme aux femmes en reconversion.
Obtenir le DEASS : les voies possibles selon votre situation
Le diplôme d’État d’assistant de service social se prépare généralement en 3 ans, à un niveau Bac +3. Le cursus comprend 1740 heures de formation théorique et 1820 heures de formation pratique, réparties notamment à travers 4 stages. Cette alternance entre apports théoriques et terrain aide à passer du projet à la pratique professionnelle.
La fiche officielle du diplôme d’assistant de service social – Consultez la référence officielle du diplôme, ses activités visées et ses blocs de compétences en intervention sociale individuelle et collective.
Formation en école spécialisée, BUT, BTS : ne pas confondre les accès
Les IRTS et écoles spécialisées restent des voies majeures pour préparer le DEASS. L’entrée peut nécessiter un dossier, un entretien ou une sélection selon les établissements. Le BUT Carrières sociales option assistance sociale constitue aussi une voie pertinente vers les métiers du social. Le BTS SP3S, services et prestations des secteurs sanitaire et social, peut être utile pour découvrir l’environnement administratif et médico-social, mais il ne remplace pas à lui seul le DEASS pour exercer comme assistant de service social.
Pour un adulte en reconversion, la formation continue est souvent le cadre le plus adapté. Certaines formations peuvent aussi être proposées en alternance, ce qui permet de combiner apprentissages, immersion professionnelle et rémunération selon les modalités du contrat.
| Voie d’accès | Profil concerné | Point de vigilance |
|---|---|---|
| École spécialisée ou IRTS | Étudiant ou adulte en reprise d’études | Sélection, organisation sur 3 ans, stages à anticiper |
| Formation continue | Salarié, demandeur d’emploi, parent en reprise | Financement et disponibilité personnelle à sécuriser |
| Alternance | Profil souhaitant apprendre sur le terrain | Offres variables selon les établissements et employeurs |
| VAE | Professionnel ayant déjà une expérience sociale significative | Dossier exigeant, preuves d’activité et accompagnement utiles |
Le bon parcours dépend de votre point de départ
Un salarié du privé n’a pas les mêmes contraintes qu’un demandeur d’emploi, un agent public ou une personne déjà employée dans une association sociale. Le projet se joue souvent entre deux réalités : l’ancien métier, avec ses compétences transférables, et le futur métier, avec ses exigences réglementées. Une expérience en relation client peut aider à écouter et reformuler, mais elle ne dispense pas d’apprendre l’évaluation sociale, la posture de non-jugement, la rédaction professionnelle et le travail en réseau. Identifier ce qui est déjà acquis et ce qu’il faut encore apprendre évite de partir dans le flou.
VAE, financements et démarches : rendre la reconversion faisable
La validation des acquis de l’expérience peut permettre d’obtenir tout ou partie du DEASS sans suivre le cursus classique complet. Elle concerne surtout les personnes ayant déjà exercé des missions proches du service social : accompagnement de publics fragiles, accès aux droits, insertion, médiation, aide administrative ou coordination avec des partenaires sociaux. Un accompagnement VAE de 24 heures peut aider à structurer le dossier, à relier les expériences aux compétences attendues et à préparer l’oral.
Les financements à examiner en priorité
Le coût et la durée de la formation sont souvent le premier frein. Plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés selon votre statut. Le CPF, compte personnel de formation, peut contribuer au financement d’une action éligible. Le PTP, projet de transition professionnelle, permet à un salarié de s’absenter de son poste pour suivre une formation certifiante, sous conditions. L’AIF, aide individuelle à la formation, peut être étudiée avec France Travail pour les demandeurs d’emploi. Le dispositif Démission Reconversion peut sécuriser certains projets de salariés qui quittent leur emploi après validation préalable. Les agents publics peuvent, eux, regarder du côté du CFP, congé de formation professionnelle.
Salarié du privé, il faut vérifier le CPF, le PTP et la faisabilité d’une Démission Reconversion avant toute rupture de contrat. Demandeur d’emploi, un échange avec France Travail permet d’étudier l’AIF et les formations reconnues localement. Agent public, les règles du CFP et de l’administration d’origine doivent être vérifiées. Professionnel du social, la VAE mérite d’être étudiée avant de s’engager dans trois années complètes de formation.
Les étapes concrètes pour éviter un projet flou
Un bilan de compétences ou un conseil en évolution professionnelle peut aider à confirmer la cohérence du projet. Ensuite, il est utile de rencontrer des professionnels, d’analyser les calendriers d’admission, de comparer les écoles, puis de chiffrer le budget réel : frais pédagogiques, déplacements, baisse éventuelle de revenus, temps de stage. La demande de financement doit être anticipée, car les commissions, les dossiers et les délais administratifs peuvent conditionner l’entrée en formation.
Salaire, débouchés et évolutions après le DEASS
La rémunération varie selon le secteur, l’ancienneté, le statut et les conventions collectives. En début de carrière dans le public, un repère courant est de 1 543 euros nets mensuels, avec un maximum pouvant atteindre 2 469 euros nets mensuels selon l’évolution. Dans le privé, le début de carrière se situe souvent entre 1 560 et 1 750 euros nets par mois. La rémunération peut aussi être annoncée autour de 1 800 à 1 900 euros brut par mois. La rémunération moyenne se situe généralement entre 1 500 et 1 800 euros nets mensuels, et peut monter jusqu’à 2 500 euros brut mensuel après expérience.
Des débouchés larges, mais des environnements très différents
On recense 45 600 assistantes de service social, ce qui montre l’ampleur de la profession. Les besoins existent dans les collectivités, le secteur hospitalier, l’Éducation nationale, les caisses de protection sociale, les associations, les bailleurs sociaux, les établissements pour personnes âgées ou handicapées et certaines entreprises. Plus de 80 % des assistants sociaux sont en poste après 6 mois de formation, un indicateur rassurant pour les personnes qui veulent sécuriser leur reconversion.
Le choix de l’employeur influence fortement le quotidien. En hôpital, les situations peuvent être urgentes et liées à la sortie de soins. Dans une collectivité, le suivi social peut s’inscrire dans la durée. En association, l’accompagnement peut se spécialiser sur l’insertion, le logement, les violences ou la précarité. Avant de choisir une formation ou un stage, il est donc utile de penser au public auprès duquel vous vous projetez.
Évoluer sans quitter le champ social
Après quelques années, un assistant social peut se spécialiser : protection de l’enfance, personnes âgées, logement, santé mentale, insertion professionnelle. Avec 4 années d’expérience professionnelle, certains parcours permettent d’accéder à un échelon 5 selon les cadres concernés. Après 10 à 15 ans d’expérience, des fonctions d’encadrement, de coordination ou de responsabilité de service deviennent envisageables.
Des diplômes comme le CAFERUIS, le DEIS ou le CAFDES peuvent ouvrir vers l’expertise, l’ingénierie sociale ou la direction d’établissement. Certains professionnels choisissent aussi les concours, la formation, le conseil ou la création d’activité dans l’accompagnement social. La reconversion vers le DEASS n’est donc pas seulement un changement de métier : elle peut devenir la base d’une trajectoire longue dans le secteur social et médico-social.
Décider sereinement : les bons critères avant de se lancer
Avant de candidater, posez-vous trois questions simples. Pouvez-vous tenir financièrement pendant la formation, même avec un financement partiel ? Êtes-vous prêt à travailler avec des publics en grande vulnérabilité sans vous épuiser émotionnellement ? Avez-vous identifié la voie la plus adaptée : formation complète, alternance, VAE ou concours selon votre projet ?
Si les réponses restent incertaines, commencez par une enquête métier : échange avec un assistant social, immersion courte si possible, rendez-vous avec un conseiller en évolution professionnelle, analyse des offres d’emploi près de chez vous. Cette phase préparatoire évite de choisir le DEASS sur une idée abstraite du « métier qui a du sens » et permet de construire une reconversion professionnelle solide, finançable et cohérente avec la réalité du terrain.
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