Montant du chômage après une reconversion : l’ARE dépend du SJR, pas d’un forfait spécial
Après une démission pour reconversion, le chômage versé n’est ni une allocation réduite ni un forfait spécifique. Il s’agit de l’ARE, l’allocation d’aide au retour à l’emploi, calculée selon les règles habituelles de l’assurance chômage. La principale différence concerne l’ouverture des droits. Avant de quitter un CDI, vous devez donc vérifier l’éligibilité de votre projet et estimer le revenu que l’ARE pourra réellement vous procurer.
Le montant de l’ARE après une démission-reconversion
Une fois votre projet validé et vos droits ouverts, votre montant de chômage dépend de votre salaire journalier de référence, ou SJR. Celui-ci est calculé à partir des rémunérations retenues sur votre période de référence. Le SJR ne correspond donc pas directement à votre dernier salaire net mensuel. Il transforme votre historique de rémunération en une base journalière utilisée pour calculer l’allocation.
Calculateur d’ARE
Avertissement : Ce résultat est une estimation brute, hors prélèvements sociaux, prélèvement à la source, différés et éventuels ajustements réglementaires. Le SJR définitif doit être confirmé par France Travail. Le plancher minimal (32,13 €) est ajusté proportionnellement au temps de travail.
La formule à appliquer
Le montant journalier brut de l’ARE correspond au résultat le plus favorable entre 40,4 % du SJR + 13,18 € et 57 % du SJR. L’allocation ne peut toutefois pas dépasser 75 % du SJR. Un montant minimal de 32,13 € par jour s’applique, sauf ajustement lié à une activité à temps partiel.
| Étape | Calcul |
|---|---|
| Option 1 | 40,4 % du SJR + 13,18 € |
| Option 2 | 57 % du SJR |
| Montant retenu | L’option la plus élevée, dans la limite de 75 % du SJR |
| Versement mensuel | Allocation journalière × 30 jours calendaires |
Avec un SJR de 80 €, la première formule donne 45,50 € par jour, soit 32,32 € + 13,18 €. La seconde donne 45,60 €. L’ARE journalière brute retenue est donc de 45,60 €. Sur la base de 30 jours calendaires, le montant atteint 1 368 € bruts par mois. Il s’agit d’une estimation : les prélèvements sociaux et le prélèvement à la source peuvent réduire la somme effectivement versée.
Temps partiel, fiscalité et simulation réaliste
Si vous travailliez à temps partiel, le montant minimal de l’allocation est ajusté avec un coefficient correspondant au rapport entre vos heures de travail et la durée légale ou conventionnelle d’un temps plein. Pour établir un budget fiable, partez du montant brut estimé et prévoyez une marge pour les prélèvements ainsi que pour le délai avant les premiers versements. Le simulateur de France Travail permet d’obtenir une estimation personnalisée à partir de vos salaires réels.
Pour mesurer votre capacité financière pendant la reconversion, établissez un budget mensuel avant de démissionner. Reportez-y l’ARE estimée, l’épargne disponible, les échéances de crédit, les frais de formation non couverts et le délai avant le premier versement. Vous pourrez ainsi comparer votre revenu prévisible avec vos dépenses et distinguer le montant théorique de l’allocation de l’argent réellement disponible.
Ce qui distingue la démission-reconversion d’une ARE classique
Le montant de l’ARE et les règles de durée sont les mêmes que pour un demandeur d’emploi dont le contrat a pris fin involontairement. En revanche, une démission ordinaire n’ouvre en principe pas droit immédiatement au chômage. Le dispositif de démission-reconversion permet d’ouvrir des droits après une rupture volontaire, à condition de respecter une procédure précise avant d’envoyer sa lettre de démission.

| Situation | Accès à l’ARE | Montant et durée |
|---|---|---|
| Fin de CDI involontaire | Selon les conditions générales d’affiliation | Règles habituelles de l’ARE |
| Démission ordinaire | Pas de droit immédiat, sauf cas particulier | Pas d’ouverture immédiate |
| Démission pour reconversion validée | Oui, après respect du parcours dédié | Mêmes règles que l’ARE classique |
Ne démissionnez pas en prévoyant de régulariser votre dossier ensuite. La validation du projet doit intervenir avant la rupture du contrat. Une démission donnée trop tôt ne devient pas automatiquement une démission ouvrant droit au chômage.
Les conditions qui rendent votre démission indemnisable
Cinq années d’activité salariée continue
Le dispositif s’adresse aux salariés en CDI relevant du secteur privé. Vous devez justifier d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 derniers mois, soit cinq années d’activité salariée continue. Plusieurs employeurs peuvent être pris en compte. Les agents publics et les salariés d’employeurs en auto-assurance chômage, notamment SNCF, EDF ou La Poste, ne relèvent pas de ce mécanisme.
Un projet réel et sérieux validé avant le départ
Votre reconversion doit reposer sur un projet de formation, de création ou de reprise d’entreprise cohérent. Le Conseil en évolution professionnelle, ou CEP, est obligatoire avant toute démission. Cet accompagnement aide à préciser votre objectif, les compétences à acquérir, le financement et les débouchés. Après cette étape, Transitions Pro examine le caractère réel et sérieux du projet. L’instance étudie notamment sa faisabilité, sa pertinence et les démarches déjà engagées.
Un projet solide ne repose pas uniquement sur l’envie de changer de métier. Présentez une cible professionnelle précise, un parcours de formation identifié si nécessaire, un budget et des éléments sur les perspectives d’emploi ou de clientèle. Transitions Pro rend généralement sa décision dans un délai d’environ deux mois. Ce délai doit être intégré à votre calendrier avant toute rupture du contrat.
Durée d’indemnisation : ce que votre âge change
La durée des droits dépend de votre âge à la fin du contrat de travail. La durée théorique est affectée d’un coefficient de réduction de 0,75. Les plafonds couramment retenus sont les suivants :
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale | Extension possible |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours | Jusqu’à 730 jours |
| 55 à 56 ans | 685 jours | Jusqu’à 913 jours |
| 57 ans et plus | 822 jours | Jusqu’à 1 095 jours |
Ces plafonds ne garantissent pas le versement de l’ARE pendant toute la période. La durée attribuée dépend aussi de votre affiliation. Pour ouvrir des droits dans le régime général, il faut notamment avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois, ou sur 36 mois pour les personnes de 55 ans et plus. La condition de cinq ans exigée pour la démission-reconversion est donc plus stricte.
Le calendrier à respecter pour ne pas perdre vos droits
- Demandez un CEP avant de démissionner. Cet accompagnement gratuit constitue le point de départ obligatoire du parcours.
- Constituez votre dossier auprès de Transitions Pro. Décrivez votre projet, son financement, les étapes prévues et les justificatifs de vos démarches.
- Attendez la validation. Ne rompez votre CDI qu’après la décision favorable sur le caractère réel et sérieux du projet.
- Démissionnez puis inscrivez-vous à France Travail. Vous disposez de six mois après la validation pour vous inscrire comme demandeur d’emploi.
- Réalisez le projet déclaré. France Travail peut contrôler vos démarches dans les six mois suivant l’ouverture des droits.
En l’absence de démarches concrètes et sans motif valable, une radiation de quatre mois et la suppression de l’allocation pendant quatre mois peuvent être prononcées. Conservez les inscriptions en formation, les devis, les candidatures, les échanges avec les organismes, les études de marché et les démarches de création d’entreprise. Ces documents permettent de prouver que votre reconversion avance conformément au projet présenté.
Avant de prendre une décision, vérifiez votre situation grâce au téléservice dédié de Service-Public.fr, contactez un conseiller CEP et préparez vos bulletins de salaire. Vous pourrez comparer votre estimation d’ARE avec votre budget de transition et respecter l’ordre des démarches, sans risquer de démissionner trop tôt.
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