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VAE à l’Université de Toulon : livret 2, DFPA et parcours en 6 à 8 mois

Élise Caradec-Latour 9 min de lecture

La VAE à l’Université de Toulon s’adresse aux personnes qui veulent faire reconnaître officiellement des compétences acquises sur le terrain, sans reprendre nécessairement un cursus classique. Le dispositif peut conduire à l’obtention de tout ou partie d’un diplôme, voire d’un bloc de compétences, à condition de relier clairement son expérience au diplôme visé.

La démarche est encadrée par la DFPA, la Direction de la Formation Professionnelle et de l’Alternance. Elle commence généralement par une prise de contact, puis une réunion d’information avant le dépôt du dossier. Il faut ensuite décrire son travail réel, prouver ses compétences et les rapprocher d’un référentiel universitaire.

Ce que permet vraiment la VAE à l’Université de Toulon

La Validation des Acquis de l’Expérience permet de transformer une expérience significative en reconnaissance universitaire. Elle repose sur un principe simple : ce que vous avez appris en travaillant, en vous engageant dans une association, en menant des activités bénévoles ou en développant des compétences de manière autodidacte peut avoir la même valeur qu’un apprentissage suivi en formation.

DFPA – Université de Toulon, Campus de La Garde

Un diplôme complet, partiel ou un bloc de compétences

La VAE ne sert pas uniquement à obtenir un diplôme entier. Selon l’analyse du parcours et la décision du jury, elle peut aboutir à une validation totale, à une validation partielle ou à la reconnaissance d’un bloc de compétences. Cette nuance compte pour les candidats qui possèdent une expérience solide dans certains domaines, mais pas forcément sur l’ensemble du référentiel de certification.

Le diplôme visé doit correspondre à des compétences réellement exercées. Par exemple, une personne ayant assuré des missions de coordination, de gestion de projet, d’analyse de données ou d’encadrement devra montrer comment ces activités rejoignent les attendus du diplôme choisi. La VAE n’est donc pas une équivalence automatique, c’est une démonstration argumentée.

Une reconnaissance issue du cadre légal de la VAE

La VAE s’inscrit dans un cadre national instauré par la loi du 17 janvier 2002, avec des évolutions importantes, notamment autour du droit à la certification et de la formation professionnelle. Dans la pratique, cela signifie que l’Université de Toulon applique une démarche formalisée : recevabilité, constitution du dossier, accompagnement éventuel, puis évaluation par un jury.

Ce cadre donne des repères clairs aux candidats. La validation obtenue n’est pas une attestation interne sans portée. Elle concerne un diplôme ou une certification inscrite dans une logique officielle, évaluée à partir de critères liés aux compétences attendues.

Êtes-vous éligible à une VAE ? Les profils concernés

La VAE concerne un public plus large qu’on ne l’imagine. Elle peut intéresser un salarié, un demandeur d’emploi, un indépendant, un agent public, une personne engagée dans le secteur associatif ou encore quelqu’un qui a construit des compétences en dehors d’un parcours scolaire linéaire.

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Au moins un an d’expérience en lien avec le diplôme

Une condition centrale doit être vérifiée : disposer d’au moins un an d’expérience en rapport direct avec la certification visée. Cette expérience peut être continue ou non, mais elle doit être suffisamment significative pour permettre une analyse sérieuse des compétences acquises.

Le point décisif n’est pas seulement la durée. Deux candidats ayant le même nombre d’années d’expérience peuvent présenter des dossiers très différents selon leurs responsabilités, leur autonomie, la complexité des situations rencontrées et leur capacité à expliquer ce qu’ils ont réellement fait. Le lien entre expérience et diplôme visé doit donc être travaillé dès le départ.

Expériences professionnelles, bénévoles, associatives ou autodidactes

La VAE valorise des parcours variés. Une responsabilité exercée dans une association, une activité bénévole structurée, une pratique indépendante ou des apprentissages autodidactes peuvent être pris en compte, dès lors qu’ils produisent des compétences observables et justifiables.

Il faut cependant distinguer l’activité déclarée de la compétence démontrée. Dire que l’on a « géré une équipe » ne suffit pas : il faut expliquer dans quel contexte, avec quels objectifs, quels outils, quelles décisions, quelles difficultés et quels résultats. Cette précision aide ensuite à préparer le livret d’expérience avec davantage de solidité.

Le parcours avec la DFPA : du premier contact à la recevabilité

À l’Université de Toulon, la DFPA joue un rôle central pour orienter les candidats et sécuriser les premières étapes. La démarche ne commence pas par l’écriture immédiate du livret 2, mais par une phase d’information et de vérification du projet.

Prendre contact avant de déposer un dossier

Le premier contact peut se faire par téléphone ou par mail auprès du service compétent. L’objectif est de présenter votre situation, d’identifier le diplôme potentiellement visé et de comprendre les attendus de la procédure. Pour une demande liée à la VAE, l’Université de Toulon indique notamment le numéro 04 94 14 27 80 et une localisation au Campus de La Garde, Bât. V1 – Bureau 006.

Il est recommandé d’arriver à ce premier échange avec quelques éléments concrets : intitulés de postes, missions principales, durée des expériences, formations déjà suivies, responsabilités exercées et diplôme envisagé. Plus votre demande est claire, plus l’orientation sera efficace.

Réunion d’information et dossier de recevabilité

Une réunion d’information est proposée avant le dépôt du dossier. Elle permet de comprendre le fonctionnement de la VAE, les documents attendus, les délais et le rôle de chacun. Cette étape évite de s’engager dans un dossier lourd sans avoir mesuré la charge de travail.

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La recevabilité constitue l’étape 1. Elle sert à vérifier que la demande peut être instruite au regard de l’expérience déclarée et du diplôme visé. Le candidat peut être amené à fournir une feuille CERFA, des justificatifs d’expérience et des éléments permettant d’apprécier la cohérence du projet. Lorsque la demande est recevable, un dossier d’inscription est adressé au candidat pour poursuivre la démarche.

Livret 2, accompagnement et jury : le cœur du travail VAE

Une fois la recevabilité acquise, le candidat entre dans la phase la plus exigeante : la rédaction du livret d’expérience, souvent appelé livret 2. C’est ce document qui permet au jury d’évaluer la correspondance entre les compétences acquises et le référentiel du diplôme.

Le livret 2 demande du temps et de la méthode

Le livret 2 demande généralement entre 6 et 8 mois de travail. Ce délai s’explique par la nature de l’exercice : il ne s’agit pas de rédiger un simple CV détaillé, mais de sélectionner des situations professionnelles ou personnelles significatives, de les analyser et de montrer ce qu’elles prouvent.

Le candidat doit passer d’une logique de récit à une logique de preuve. Il décrit des activités, mais aussi les choix opérés, les contraintes rencontrées, les outils utilisés, les résultats obtenus et les apprentissages tirés de l’expérience. Cette posture réflexive est souvent nouvelle pour des personnes très compétentes dans leur métier, mais peu habituées à formaliser leurs savoir-faire.

Le noyau d’un bon dossier VAE n’est pas la quantité de missions listées, mais la capacité à identifier les activités qui concentrent le plus de compétences. Plutôt que d’empiler toutes les tâches réalisées depuis dix ans, mieux vaut repérer quelques situations denses : un projet complexe, une crise à résoudre, une organisation à structurer, une décision à argumenter. Autour de ce centre, les preuves deviennent plus lisibles : documents produits, responsabilités assumées, arbitrages, coopération avec d’autres acteurs. Cette méthode aide à passer du « j’ai fait beaucoup de choses » au « voici ce que mon expérience démontre précisément ».

Un accompagnement jusqu’à 24h maximum en droit commun

L’accompagnement proposé dans le cadre de droit commun est limité à 24h maximum. Il ne consiste pas à écrire le dossier à la place du candidat, mais à l’aider à comprendre le référentiel, à structurer ses exemples, à formuler ses compétences et à préparer son argumentation.

L’accompagnateur aide aussi à distinguer le travail prescrit du travail réel. Le travail prescrit correspond à ce qui figure dans une fiche de poste ou une mission théorique. Le travail réel, lui, montre comment la personne agit effectivement : décisions prises, adaptations, coordination, gestion des imprévus, priorisation. C’est souvent dans cet écart que se trouvent les compétences les plus intéressantes pour le jury.

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Le jury évalue la correspondance avec le référentiel

Le jury n’examine pas une carrière dans son ensemble : il évalue si les acquis présentés correspondent aux critères du diplôme ou du bloc de compétences visé. Il peut prononcer une validation totale, une validation partielle ou refuser la validation si les éléments ne sont pas suffisants.

La préparation de l’entretien, lorsqu’il est prévu, doit donc être prise au sérieux. Le candidat doit être capable d’expliquer ses choix, d’illustrer ses compétences et de montrer qu’il maîtrise les notions attendues au niveau universitaire concerné.

VAE ou VAPP : ne pas confondre les deux démarches

La VAE et la VAPP sont souvent associées, mais elles ne répondent pas au même objectif. Les confondre peut faire perdre du temps au candidat, surtout s’il cherche soit à obtenir un diplôme, soit à accéder à une formation.

Dispositif Objectif principal Résultat attendu
VAE Faire reconnaître une expérience en lien avec une certification Obtenir tout ou partie d’un diplôme ou d’un bloc de compétences
VAPP Accéder à une formation sans posséder les titres ou diplômes requis Être autorisé à entrer dans un cursus malgré l’absence du niveau académique demandé

La VAPP, ou Validation des Acquis Professionnels et Personnels, est donc utile si vous voulez intégrer une formation à l’Université de Toulon sans avoir le diplôme normalement exigé. La VAE, elle, vise directement la reconnaissance certificative de compétences déjà acquises.

Pour engager la bonne démarche, le plus simple est de clarifier votre objectif avant de contacter la DFPA : voulez-vous obtenir une certification grâce à votre expérience, ou rejoindre une formation pour continuer à progresser ? Cette distinction orientera le dossier, les justificatifs à préparer et le calendrier à anticiper.

Pour vérifier les informations officielles et engager une démarche, vous pouvez consulter les pages de l’Université de Toulon consacrées à la validation des acquis VAE et VAPP ainsi que les informations de la DFPA sur la VAE. Le portail national de la VAE peut également aider à comprendre le cadre général du dispositif.

Élise Caradec-Latour

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