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Devenir AVS aujourd’hui : les 60 heures et les étapes vers l’autonomie scolaire

Élise Caradec-Latour 7 min de lecture
Devenir AVS, AESH accompagne un élève à l’école

Pour devenir AVS, il faut aujourd’hui rechercher un poste d’AESH, l’appellation officielle d’accompagnant d’élèves en situation de handicap. L’accès est possible avec un diplôme, une expérience dans l’aide à la personne ou certaines compétences transférables. Le métier demande surtout d’aider l’élève sans faire à sa place, en coordination avec l’enseignant et l’équipe éducative.

AVS et AESH : comprendre le métier derrière le changement de nom

Le terme AVS, qui signifie auxiliaire de vie scolaire, reste très présent dans les recherches d’emploi et le langage courant. Depuis 2014, l’Éducation nationale utilise toutefois l’appellation AESH, pour accompagnant d’élèves en situation de handicap. Ce changement accompagne la professionnalisation de l’aide humaine proposée aux élèves concernés.

L’AESH peut intervenir de la maternelle au lycée, dans une classe ordinaire ou dans certains dispositifs spécialisés. Son accompagnement peut être individuel, mutualisé entre plusieurs élèves ou collectif. Il répond à une notification de besoin d’aide humaine et s’inscrit dans le projet personnalisé de scolarisation, le PPS. Les besoins sont notamment évalués à l’aide du GEVA-Sco, un guide qui aide à déterminer les compensations nécessaires pendant la scolarité.

Un accompagnant, pas un enseignant ni un auxiliaire de vie à domicile

L’AESH travaille sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant. Il ne prépare pas seul les cours, ne remplace pas le professeur et n’évalue pas les acquis scolaires. Il n’intervient pas non plus pour des soins. Son rôle consiste à rendre les situations scolaires plus accessibles, à encourager la participation et à aider l’élève à développer ses propres repères.

Le DEAES, diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social, relève du champ de l’aide et de l’accompagnement social ou médico-social. Il apporte une qualification utile pour exercer comme AESH et ouvre d’autres débouchés, mais il ne désigne pas le poste d’AESH lui-même. L’un correspond à un diplôme, l’autre à une fonction exercée dans l’Éducation nationale.

Les missions quotidiennes : aider sans se substituer à l’élève

Le contenu du poste dépend des besoins de l’élève, de son âge, de son autonomie et des objectifs fixés dans son PPS. Une même journée peut comprendre des temps en classe, des déplacements, une aide à l’organisation et la participation à des activités collectives.

  • Vie quotidienne : aider l’élève à s’installer, à se déplacer, à utiliser du matériel, à s’orienter dans l’établissement ou à accomplir certains gestes lorsque cela est prévu.
  • Accès aux apprentissages : reformuler une consigne, faciliter la prise de notes, soutenir l’utilisation d’outils adaptés, fractionner une tâche ou encourager l’attention.
  • Vie sociale et relationnelle : faciliter les échanges avec les autres élèves, limiter l’isolement et permettre la participation aux activités de classe, aux sorties, aux voyages ou aux stages scolaires.

La compétence centrale est l’observation. L’AESH repère ce qui bloque, puis ajuste son aide avec discrétion. Il peut, par exemple, présenter une consigne étape par étape au lieu de donner la réponse. Il peut aussi laisser quelques secondes à l’élève pour chercher seul avant d’intervenir. L’objectif reste de développer l’autonomie, pas d’installer une dépendance à l’adulte.

Penser l’accompagnement comme un appui temporaire

Un accompagnement efficace apporte un soutien suffisant pour franchir une difficulté, puis se réduit lorsque l’élève peut agir seul. Cette approche guide les décisions quotidiennes : attendre avant d’intervenir, laisser l’élève demander de l’aide, aménager son espace de travail, puis retirer progressivement un appui devenu inutile. Ce désétayage peut être plus utile qu’une aide immédiate et permanente.

Diplôme, expérience et qualités : qui peut devenir AESH ?

Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir suivi un long cursus pour devenir AVS ou AESH. Les modalités de recrutement peuvent varier selon les académies, mais plusieurs profils sont généralement recevables : les titulaires d’un diplôme professionnel dans l’aide à la personne, les personnes disposant d’une qualification de niveau IV ou équivalent, ainsi que les candidats justifiant de neuf mois d’expérience professionnelle dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap.

Votre profil Ce qu’il apporte à la candidature Point à valoriser
Diplôme d’aide à la personne ou DEAES Une base professionnelle reconnue Les compétences d’accompagnement et de sécurité
Neuf mois d’expérience Une pratique concrète auprès de personnes accompagnées Les situations rencontrées et votre capacité d’adaptation
Reconversion sans expérience directe Un projet possible selon les conditions de recrutement Les compétences transférables : écoute, organisation et patience

Les critères administratifs ne suffisent pas à eux seuls. Le calme, la fiabilité, le respect de la confidentialité, la capacité à communiquer et le travail en équipe sont également appréciés. Il faut accepter que les progrès soient parfois discrets. Un élève qui ose répondre, utilise seul son agenda ou rejoint un groupe montre déjà une évolution que l’AESH doit savoir observer et transmettre à l’équipe.

Formation et reconversion : consolider son projet professionnel

Après le recrutement, l’Éducation nationale prévoit une formation initiale obligatoire de 60 heures. Elle aborde le cadre de l’école inclusive, les différents handicaps, les gestes et postures professionnels, la coopération avec les enseignants et la place de l’AESH dans l’équipe éducative. Cette formation permet de mieux comprendre les limites du rôle et d’adapter son accompagnement aux situations rencontrées.

Le DEAES, un atout pour approfondir ses compétences

Le DEAES convient aux personnes qui souhaitent se qualifier durablement dans l’accompagnement. Ce diplôme de niveau 3 peut être préparé sur une durée annoncée de 6 à 12 mois, selon le parcours choisi. Il permet d’envisager des emplois dans le secteur médico-social, à domicile ou en établissement, en complément de l’expérience acquise à l’école.

Pour une reconversion, un conseiller France Travail peut aider à préciser le projet et à étudier les dispositifs disponibles. Une préparation opérationnelle à l’emploi peut durer de 1 à 2 mois. Des formations conventionnées peuvent aussi être proposées sur des durées de 6 à 12 mois. Le financement dépend de la situation du candidat, de la formation visée et des solutions accessibles localement.

Postuler, signer un contrat et anticiper les conditions de travail

Les AESH sont recrutés par les rectorats, les académies ou les directions des services départementaux de l’Éducation nationale, les DSDEN. Consultez les offres et les espaces de candidature de votre académie, puis adaptez votre dossier au poste visé. Les recrutements sont souvent plus nombreux avant la rentrée, mais des besoins peuvent apparaître pendant l’année scolaire.

  1. Repérez le rectorat ou la DSDEN compétente pour votre département.
  2. Préparez un CV clair, vos diplômes, vos justificatifs d’expérience et une lettre présentant votre intérêt pour l’inclusion scolaire.
  3. En entretien, appuyez votre candidature sur des exemples : écoute, gestion d’une difficulté, respect du cadre et coopération avec un professionnel.
  4. Renseignez-vous sur la zone d’affectation, les déplacements possibles et la quotité de travail proposée.

L’AESH est un agent contractuel de droit public. Le contrat est couramment conclu pour trois ans, renouvelable une fois, avec une possibilité de CDI après six ans de services cumulés lorsque les conditions applicables sont réunies. L’affectation peut concerner plusieurs établissements d’un même PIAL, le pôle inclusif d’accompagnement localisé. Vérifiez ce point avant de vous engager, car il peut modifier l’organisation des trajets et des journées de travail.

Le temps partiel est fréquent. Des repères publiés évoquent une moyenne de 24 heures hebdomadaires et environ 1 000 euros nets mensuels. La rémunération réelle dépend toutefois de la quotité de travail, de l’ancienneté et de la grille en vigueur. Avant d’accepter un poste, demandez le volume horaire annualisé, les établissements concernés et les modalités de remboursement des déplacements éventuels.

Devenir AESH peut s’inscrire dans la durée ou marquer une première étape vers les métiers éducatifs, sociaux et médico-sociaux. Une candidature solide ne repose pas uniquement sur un diplôme. Elle montre que vous savez soutenir un élève, respecter sa place et l’aider à gagner progressivement en confiance et en indépendance.

Élise Caradec-Latour

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